RANDY WESTON
"Mother Africa"
le souffle des ancêtres

C'est un grand. Tres grand musicien de jazz. Ou, plutôt, d' "African Rhythm", comme il préfère dire. Randy Weston a tout appris des maîtres du genre - Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Bud Powell, Duke Ellington... -, et continue toujours, à 76 ans, de jouer avec ses amis Max Roach, Ahmad Jamal, Ibrahim Abdullah...
Pour ce virtuose en quête éternelle de sons, qui a "corrigé le langage du piano", comme l'assure le compositeur sénégalais Yeego Jeng, la musique, plus qu'un métier, traduit la pulsion d'une vie dont les battements remontent à la source-mère, l'Afrique.
C'est pour cela que, dès les années 60, loin de la critique occidentale qui s'enthousiasme pour le jazz, le Noir américain Randy Weston part en Afrique retrouver les rythmes originels, ceux qui permettent à l'âme et à l'esprit de retrouver leur unité.
"Mais c'est ma musique!", s'exclame ce descendant d'esclave en écoutant les musiques des pays d'Afrique où il s'arrête, pour, dit-il, "être en contact "direct" avec mes ancêtres". A chaque étape, il joue avec les musiciens traditionnels - avec qui il complète son apprentissage - ou qui émergent, cherche les sonorités qui animent son être et sa musique.

Rares sont les Africains que l'Histoire a disséminés sur d'autres continents à avoir entrepris aussi profondément, intensément, cette quête de "Mother Africa". C'est d'elle que nous parle aujourd'hui Randy Weston. De ce génie d'Afrique que porte en lui tout Africain, qu'il soit né sur le continent ou ailleurs.